Colloque : "L'héritage de Dionysos"

Colloque : "L'héritage de Dionysos"

Colloque : L’héritage de Dionysos

Dionysos paraît à certains égards tout aussi grec qu’allemand. Assurément grec en sa provenance – figure pourtant déjà ambiguë du panthéon – et dans sa présentation mystique, en particulier par l’orphisme, il ne s’en laisse pas moins reconnaître comme une puissance majeure de la pensée allemande. Toujours présent et parfois décisif aussi bien dans l’idéalisme allemand (Schelling, Hölderlin, Hegel), puis pour Nietzsche et Heidegger, que dans la philologie de Creuzer, Wilamowitz, Rohde, Usener, Reinhardt et bien sûr Walter Otto, pour ne retenir que quelques noms parmi les plus importants. Mais qui Dionysos est-il ? D’où est-il un jour venu ? Comment vient-il à nous ? Sous quels traits pourrait-il encore se présenter comme dieu à venir ? S’agit-il d’abord du dieu morcelé de l’orphisme, dieu sauveur qui sera tantôt apparu comme le rival, tantôt comme la préfiguration du Christ ? Ou bien est-il plutôt cette divinité destructrice de la « fureur bachique », force sans contours ne s’avançant que dans la foule informe des Bacchantes ? En quel sens pourrait-il être le dieu du tragique et de la tragédie ? Retenu parfois par l’un de ces aspects, parfois par la possibilité de les voir s’unir sous une figure singulière, philosophie et philologie allemandes auront finalement contribué à maintenir vivant l’héritage dionysiaque. Selon quelles modalités cette réception germanique des traditions grecques, travail par lequel la multiplicité que nomme Dionysos fut à la fois redécouverte, mais également, peut-être selon le principe même de sa plasticité, transformée, s’est-elle effectuée ? Quelle distance entre le Dionysos grec et le Dionysos allemand la recherche contemporaine en philologie, iconographie, archéologie et en histoire permet-elle de mettre en évidence ? Déployer ces questions et en préciser les enjeux philosophiques constituent ainsi le principal attendu de cette rencontre.

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